Partager l'article ! 85- Eloge de la médecine extraconjugale.: Sous nos climats, ce qui fût bien dénoncé par le gars Pelloux lors de la canicule ...
pour me joindre en privé :
thierry.lecoquierre@wanadoo.fr
l'éditeur de Jak, pour acheter ses BD :
http://grrrart-editions.fr/
le Top 111
Requêtes d’internautes tapées sous Google pour arriver chez Dr Coq :
les gagnants.
Sous nos climats, ce qui fût bien dénoncé par le gars Pelloux lors de la canicule de 2003, le médecin se fait rare finjuilletdébutaoût. Toutes les organisations professionnelles n’avaient pas apprécié ce coup de gueule, corporatisme s’entend, mais il n’y a pas de fumée sans feu et ce fut salutaire. Comme les Français solvables, les généralistes vaqu(anc)ent sous des cieux radieux. Les plus consciencieux laissent sur le répondeur du cabinet les meilleurs plans pour trouver un toubib disponible. Mais souvent, au téléfon, y’a jamais person qui y répond.
J’aime assez l’été, surtout si je travaille, n’ayant pas les qualités requises pour me fondre au troupeau estival, m’avachir sur les plages où il faut s’avachir. Non, l’été est une belle époque pour qui veut faire un peu de médecine : nos impatients les plus beaufs sont partis au Camping de l’Anisette, l’épluchage vestimentaire de nos charmantes mamies est facilité, nos patientes bronzées sont de bonne humeur, le docteur est de bon humour, les visiteurs médicaux les plus coriaces nous laissent souffler, la presse médicale quotidienne dégorgeant de publications pharmaceutiques ne paraît pas, on termine le boulot alors qu’il fait encore jour et les soirées sont festivales.
Surtout, nous rencontrons les patients de nos confrères, occasions qui pourraient nous donner des velléités pour prendre de l’argent plaisamment et sans luxation de neurones. J’avoue que je propose volontiers d’attendre le confrère pour remplir la paperasserie de chiotte qu’on me donne à remplir. Je confesse que ce qui peut attendre attendra. J’admets que j’abandonne parfois les objectifs du long terme que j’envisage pour mes propres patients, rejoignant ainsi la politique des politiciens : ce qui est important, c’est de tenir 15 jours ! A fond sur les bonnes doses de cortisone, toujours efficace quelle que soit la pathologie, et tant pis pour l’avenir de l’axe corticosurrénal de nos patients ou de leur capital osseux. Tu ne dors pas garçon, voilà du bon Temesta® : ton médecin se démerdera bien pour te sevrer !
Si c’est vrai que nous travaillons parfois à la mode du quickie, à la façon de l’indispensable « du petit coup vite fait bien fait », nous savons plutôt pratiquer la médecine dite générale, c’est à dire inscrite dans le temps. Notre place d’occasionnel nous y autorise : c’est bien du travail de remplaçant qu’il s’agit, bien différent de celui de l’urgentiste, traitant un patient dont il n’entendra plus jamais parler. Acte éjaculatoire pur, tout devant être dit en 20 minutes, nous y reviendrons. J’y vois ici une relation de soin à sens unique, péri-pathétique. M’évoquant presque la triste con-nexion à la péripatéticienne. Me rappelant les coups de bambou monumentaux chez le garagiste sur la route des vacances. Dépannage express, qu’importe l’ultérieur.
Si l’urgentiste passe en pimponnant, le généraliste reste. Bourgeoisement installé dans son fief, des décennies durant, de sorte qu’il lie nécessairement quelques liens arachnoïdiens avec les patients occasionnels qu’il rencontre au fil des étés, en l’absence du médecin officiel. C’est dire pour lui l’obligation de pratiquer la séduction, les préliminaires, la palpation amicale et l’érection durable d’une médecine partagée en bonne et due forme. Après l’acte médical, il est habituel de rester avec son patient pour fumer une petite clope et lui demander s’il a bien senti la consultation. Durant un été, un patient extérieur peut être reçu plusieurs fois. C’est de la médecine extraconjugale et ce peut être bon. On arrive ici dans le domaine possible de la relation hédoniste, à la sauce d’un Chamfort : jouir et faire jouir, telle pourrait être notre devise de généraliste.
L’été, ce sont aussi les retrouvailles avec d’anciens patients qui viennent visiter amis ou parents, ou partis à la concurrence. On reçoit des fillettes qu’on soignait il y a fort longtemps et qu’on ne sait plus tutoyer, vu les hypertrophies de corsages qu’on ne leur connaissait pas. On rencontre des pièces manquantes des familles décomposées. On reçoit les enfants de nos anciens patients en vacances chez les grands-parents.
Cette position estivale du médecin travaillant peut permettre des actes importants, des inflexions de trajectoires, des ouvertures dans des parcours médicaux sclérosés. Pour ce qui est de ma petite pratique personnelle, je dépanne médicalement (entre autres) les patients de mon associé. Occasion de ne pas rater quelques diagnostics, quelques modifications d’ordonnances, quelques conseils pertinents. L’observation extérieure d’un parcours médical est toujours excitant et facile : il faut savoir ensuite proposer un éclairage que médecin remplacé et patient peuvent entendre tous les deux. C’est dire l’importance de pouvoir entendre en retour la critique constructive. Savoir accueillir sereinement ces quelques mots dans son fichier informatique partagé : je me suis permis de doser une TSH chez ta patiente déprimée. Elle va beaucoup mieux avec du Levothyrox® …
Jouir et faire jouir.
Prendre et donner.
C’est à ce petit jeu que je vous convie lorsque vous remplacez.
Dick Annegarn
Jean Anouilh
Hannah Arendt
Yann Arthus Bertrand
Paul-Laurent Assoun
Neil Armstrong
Richard Bach
Daniel Balavoine
Michael Balint
Christian Barnard
Simone de Beauvoir
Jean-Paul Belmondo
Etienne de la Boétie
Alphonse Boudard
Patrick Boulnois
Pierre Bourdieu
Georges Brassens
Yoland Bresson
Annabel Buffet
Albert Camus
François Cavanna
Clémentine Célarié
Louis-Ferdinand Céline
Miguel de Cervantes
Albert Cohen
Coluche
Hugues de Courson
Béatrice Dalle
Frédéric Dard
Pippo Delbono
Eric Dupond-Moretti
Epicure
Caroline Fourest
Sigmund Freud
Serge Gainsbourg
Jacques Gaillot
Jean-Jacques Goldman
Dexter Gordon
Icare
Philippe Jeammet
Henri Laborit
Gustave Le Bon
Jack-Alain Léger
Claude Lellouch
David Lodge
André Lorulot
Vladimir Nabokov
Robby Naish
Taslima Nasreen
Friedrich Nietzsche
Anaïs Nin
Claude Nougaro
Ruwen Ogien
Michel Onfray
Pandore
Giovanni Battista Pergolesi
Michel Petrucciani
Jean-Marie Piemme
Pink Floyd
Raymond Queneau
H.A. Rey
Bettina Rheims
Frère Roger
Marcel Rufo
Shéhérazade
Paul Smaïl
John
Steinbeck
Frédéric Taddéi
Philippe Val
Raoul Vaneigem
Antonio Vivaldi
Leonardo da Vinci
Marguerite Yourcenar
(vitrine en cours)
Socrate, en avalant la ciguë qui le mourut tout cru, donna à son compère Criton cette réplique fameuse : « Il faut donner un Coq à Asclépios », ou encore « Nous devons un Coq à Esculape ». Me voilà donc, bravement recommandé par le vieux sage, endossant sa maïeutique et son ironie paradoxale, essayant de me connaître moi-même et ne sachant qu’une chose, c’est que je ne sais rien.
Commentaires