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le Top 111
Requêtes d’internautes tapées sous Google pour arriver chez Dr Coq :
les gagnants.
Ceux qui suivent l’actualité nomenclaturo-médicale de près savent bien que le péroné a vécu, remplacé par la fibula. Exit la rotule au profit de la patella, bye-bye le semi-lunaire, bonjour l’os lunatum. Et le couturier, si banal, le voilà sanctifié sartorius. Plus de cotyles, des acetabuli. On ne fornique plus dans le cul-de-sac vaginal des donzelles, mais bien dans leur fornix ! On ne mate plus les fesses des filles, on se rince la rétine sur leur région glutéale. C’est beau, c’est classico-moderne, c’est inoxydable et ça sonne vrai comme de la bonne médecine pythagoricienne. Même si nous nous préparons des jours difficiles à tenter de déchiffrer les comptes-rendus opératoires de nos jeunes chirurgiens, nous apprécierons le nouveau : c’est la rançon du progrès ! On saura toujours bien se mettre à jour.
Fort de ces avancées, j’envisage de proser désormais sous la plume de Medicus Gallus et en romain classique. Les bouleversantes aventures de Docteur Coq, celui qui tente de résister dans son petit village d’irréductibles Gaulois, paraîtront ainsi plus abouties.
Quand j’entends parler le latin, j’ai des frissons dans le calbute et l’érection coupable, des relents d’encens me chatouillant encore les naseaux : immédiatement, ça sent le Vatican. C’est pourquoi la récente visite de Benoît XVI auprès de notre président m’a interpellé. J'ai idée qu’on m’aurait bien prédestiné à faire curé, si je n’avais pas été brutalement déconverti quand j’ai buté sur le cadavre de Dieu, à l’inverse d’un Paul sur le chemin de Damas (Actes des Apôtres, IX, 1-19 ; XXII, 5-16 ; XXVI, 12-18). C’est dire si je reste un observateur attentif des choses pontificales.
Même si je connais mon camp, je ne néglige pas les débats foi-sciences, je me régale entre passion et raison, j’aime le corps et l’âme, je travaille au carrefour de la psyché et du soma, j’associe les antidépresseurs à la psychothérapie, je m’amuse à comparer des champs incomparables. Et je ne peux que remarquer les corrélations qui existent entre la crise de la curie et la désaffectation de nos jeunes thésés pour le grand métier de la médecine générale. L’église importe dans nos campagnes du curé polonais ou africain tandis que nous embauchons de l’infirmière bulgare ou du médecin libanais. Nous embocherions même des allemands s’ils acceptaient de venir prendre nos gardes (Aille aille Heil ! C’est limite, ça, non ? Non ? Alors une petite dernière pour la route : nous les embrocherions même volontiers s’ils nous prenaient nos gradés…)
Ecoutons plutôt le Pape en cours qui reprend à son compte la formule de son prédécesseur : N’ayez point peur, m’sieurs dames ! Mais il ajoute des solutions, à la différence des ministres qui se relaient au chevet de notre médecine exsangue. Nos ouailles désertent, vendons- leur de l’incompréhensible, et quand ils réapprendront le latin, on leur dira la messe en chinois et on leur fera ânonner des formules magiques en javanais …
Pas de crise du sacerdoce chez les toubibs, mais une sacrée dose de crises. Pas de vraie crise des vocations, mais une véritable crise des vacations : si les jeunes bacheliers se bousculent au concours carabin (Multi sunt locati, pauci vero electi, beaucoup vont bosser le concours, la plupart va se prendre une grande claque) les généralistes de campagnes peinent à remplir les tableaux de gardes. Continuons les parallèles entre les garants de la foi et de ceux du foie :
J’imagine bien que la nomenklatura fricotait avec la nomenclature et s'en régalait. J’observe que seul le goût morbide pour les réglementations méphistophéliques peut conduire à un fauteuil de député européen. Je comprends que l’avocat qui se vautre avec le plus de délices dans la fange incompréhensible des codes civils sera le plus prospère. Plus on complique les rouages de la société, moins les plus tendres sauront survivre : le corollaire veut que le rare possesseur des clefs se divinise.
Nos curés et nos médecins seraient-ils déconsidérés quand la populace comprend enfin leurs propos ? En latin, une vierge qui enfante dans la paille ou un barbu qui marche sur les flots n’étonnent personne. Mais français et à l’heure d’Internet, ça fait plutôt désordre. Un médecin qui parle médical et auquel on ne comprend rien, ça en impose. Lorsque le quidam moyen en sait plus que le généraliste dès qu’il a feuilleté un site de vulgarisation, il n’a plus la même prestance. Major e longinquo reverentia : de loin le respect est plus grand.
Parler le français compréhensible à nos patients impose une exacerbation majeure de notre intelligence et de notre culture. Comprendre un peu, c'est déjà bien. Comprendre suffisamment pour expliquer clairement, c'est une autre paire de manches. On ne pourra plus faire machine arrière : les patients veulent participer à leur prise en charge et c’est tant mieux. L’heure est venue où les philosophes les plus écoutés sont ceux qui sont compris, le camouflage derrière des termes abscons ne fait plus recette. Nous-mêmes ne pouvons plus nous retrancher derrière de doctes Mens sana in corpore sano (un esprit sain dans un corps sain), il faut pouvoir expliquer que l’abus de frites ne donne pas la frite.
Comment réagir quand l’image du généraliste prend sérieusement de la gîte ? Le réappropriation d’un vocabulaire hermétique, à jeter à la tête de nos patients du haut d’une chaire ou en leur tournant le dos, comme c’est le choix retenu par l’église catholique ? Abyssus abyssum invocat (l’abîme appelle l’abîme, l’incompréhensible appelle l’incompréhensible). Je ne sais pas si ce choix sera payant, car la foi est impénétrable et ne répond à aucune rationalité. Mais pour ce qui est de la médecine générale, je ne crois qu’à la suite en avant, par un recentrage intelligent sur l’essentiel, avec l’application de recettes éprouvées, tout en bénéficiant de ce que les outils modernes peuvent nous apporter.
La parole d’évangile n’existe plus en médecine générale, moins encore qu’en médecine hospitalière. La bible de nos débuts ne ressemble en rien à nos bibles actuelles. C’est dire les qualités d’adaptation et de remise en cause que nous devons conserver tout au long d’une carrière, si nous voulons garder notre rôle de passeurs de santé.
Lourde tâche quand on sait l’étendue du programme, mais pour le moins excitante, qui vaut autrement que le ressassement obsessionnel d’une conduite orthodoxe figée.
Acta est fabula. La pièce est jouée.
Dick Annegarn
Jean Anouilh
Hannah Arendt
Yann Arthus Bertrand
Paul-Laurent Assoun
Neil Armstrong
Richard Bach
Daniel Balavoine
Michael Balint
Christian Barnard
Simone de Beauvoir
Jean-Paul Belmondo
Etienne de la Boétie
Alphonse Boudard
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Icare
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Pandore
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Michel Petrucciani
Jean-Marie Piemme
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H.A. Rey
Bettina Rheims
Frère Roger
Marcel Rufo
Shéhérazade
Paul Smaïl
John
Steinbeck
Frédéric Taddéi
Philippe Val
Raoul Vaneigem
Antonio Vivaldi
Leonardo da Vinci
Marguerite Yourcenar
(vitrine en cours)
Socrate, en avalant la ciguë qui le mourut tout cru, donna à son compère Criton cette réplique fameuse : « Il faut donner un Coq à Asclépios », ou encore « Nous devons un Coq à Esculape ». Me voilà donc, bravement recommandé par le vieux sage, endossant sa maïeutique et son ironie paradoxale, essayant de me connaître moi-même et ne sachant qu’une chose, c’est que je ne sais rien.
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