Partager l'article ! 116- Faire l’Europe : un antidépresseur sous-employé.: Y’a pas grand chose de plus tristounet que de voir nos jeunes échouer dans nos cabi ...
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les gagnants.
Y’a pas grand chose de plus tristounet que de voir nos jeunes échouer dans nos cabinets, la micro-quéquette ressentie entre les pattes. Sociodéprimés. Cassés dans leur ascension de jeunes étalons. Terrorisés chez papa-maman à l’heure où ils devraient courir la planète.
Ils auront tout essayé pour surnager. La fumette solidaire de pétards, puis solitaire. Le jeu en ligne, des nuits durant, "je décroche quand je veux". Le petit piercing là où il faut. Le gros tatouage là où il ne faut pas. Le compte face-book avec 750 amis. Jusqu’aux comportements ordaliques si bien décrits par David Le Breton.
Et les voilà, minables d’entre les minables, anéantis par l’obtention d’un diplôme qui ne vaut plus rien sur le marché de l’emploi, devant abandonner le projet d’acheter la bagnole rêvée pour emballer la fille du voisin. N’aspirant plus qu’à la notoriété brutale perçue comme envisageable par les émissions de télé-crochet. Se recroquevillant autour d'une image identitaire détruite, victimes potentielles des thèses du Front National.
Et les voilà écorchés vifs, se ressentant esclaves modernes d’une société dégueulasse qui ne leur offre pour tout rêve que des petits boulots de merde, tandis que des nababs discutent en se pavanant sur les plateaux télé de solutions bricolées pour eux.
Et les voilà dans nos cabinets, après une bagarre en sortie de boîte, ou amenés par les parents désespérés parce qu’ils ne se lèvent plus le matin. On se demande bien pourquoi ils ne se précipitent pas dès 7h 30 à l’ANPE du coin, le sourire aux lèvres ! A trop bien lire nos recommandations, nos DSM ou autres registres savants, on voit bien que ces jeunes patients sont déprimés, et certains d’entre nous seraient tentés de les affliger d’un antidépresseur. Confrères, par pitié, posez les stylos !
Devant ces jeunes rabougris, travaillons à leur redonner l’ampleur qui est la leur. Aidons-les à élargir leur vie à leur propre taille, qui vaut davantage qu’ils ne se l’imaginent. Posons leur l’impasse du cannabis. Travaillons à la restauration de leur propre image. Même si nous pensons ne pas pouvoir grand chose pour eux face au contexte social qui les ploie, bousculons-les au lieu de les enfermer dans un rôle de malade.
L’Europe telle qu’on nous la vend de force (T'as dis non ? Tu diras oui, à force de référendums successifs !) nous fait pleurer. Des normes, des enculages de mouche, du gros pognon, des budgets de fonctionnement colossaux. Comme seuls liens sociaux : l’euro, le drapeau étoilé, les ruines du catholicisme et la récession… Pas de culture, pas de langue, pas d’équipe de foot, pas de fête, pas de télévision, pas de gastronomie, pas de transports, pas de code de la route, pas de héros communs…
Voilà ma proposition pour ré-enchanter le produit : le métissage culturel de nos jeunes. A l’heure où le travail manque, au
lieu de leur payer des minables stages de réinsertion, des consultations de médecine générale et des somnifères, offrons-leur du chantier international. Y’ a plus de boulot ? Qu’ils en
profitent donc pour vivre, ils auront bien le temps d’aller au charbon quand il y aura du charbon. Qu’ils apprennent les langues, ce ne sera jamais perdu. Qu’ils apprennent à ne pas craindre le
voisin, ce qui vaut bien un mauvais tripalium !
Là où nos pères passaient un an à apprendre dans les casernes à tirer sur les Allemands, offrons à nos garçons un an pour apprendre à … j’ose à peine le dire… tirer les Allemandes dans
les tavernes. Scuse-moi, je fais l’humour, pas l’amer, et je fus carabin ! On a toujours trouvé de l'argent pour les choses de la guerre, on pourrait trouver de l'argent
pour les choses de l'amitié.
Voilà ma réponse à la morosité ambiante : un an (ou 10 jours) de stage outre-frontières pour tous nos jeunes de 20 à 25 ans, qu’ils « nous » fabriquent enfin l’Europe, et
non pas simplement pour les quelques privilégiés qui le peuvent (j’ai lu : 1.5 millions de chanceux pour toute la génération Erasmus). Restructurons la société autour d’un projet commun,
d’une sorte d’épreuve initiatique que la société cherche désespérément, pour remplacer les rites religieux ou militaires.
Je pose l’année juvénile européenne comme fondement de l’Europe culturelle. Un an facilité et exigé pour tous nos jeunes, prêtés en cadeaux à nos voisins, tandis que nous recevrons les
petits polonais et les jeunes grecs. Un an de carte gratuite pour tous les transports en communs. Des chèques repas et des tickets bières, des entrées aux festivals, des cartes de réduction
massive pour les produits de première nécessité. Un paquetage de préservatifs offerts par le Vatican, un mini-PC et sa connexion tout terrain, un abonnement téléphonique international gratuit,
une couverture médicale européenne. Des auberges de jeunesse partout partout. Des cités de jeunes européens dans les grandes villes. Des chantiers, des jobs, du compagnonnage, des fêtes, des
cours de langues par leurs homologues locaux, de l’accueil chez l’habitant (je suis le premier volontaire). Des professionnels locaux pour l’accueil, la gestion des problèmes, l’organisation. Un
passeport européen à faire valider toutes les semaines.
J’en vois déjà qui convulsent : l’Europe ne sait pas faire ça, l’envergure heureuse, elle préfère s’occuper des normes des chiottes publiques. Commencez petit, les gars, vous verrez que ça viendra. Imaginez plusieurs options : la version longue en autonomie (un an de démerde pour ceux qui veulent s’imprégner d’une langue et d’une culture) ou la courte obligée (10 jours de chantier en Lituanie, en Hongrie ou en Sicile), sans oublier n’importe quelle autre solution intermédiaire : le stage en entreprise, l’année de doctorat, l’expérience verte, la pause professionnelle, semi-professionnelle voire franchement amatrice. Seuls importent l’amplitude de l’inspiration, la rupture, l’échange.
Je tiens aussi au travail de restitution de cette expérience : un simple blog peut suffire, que les choses vécues s’expriment, ou quelques pages rédigées à joindre à tout curriculum vitæ ultérieur. Nous étions « libérés » des obligations militaires, ils seraient «engagés » dans la fabrication européenne. En place de l’uniforme kaki, le simple tee shirt et le jean. En place de la musique militaire et de la marche au pas, une sauce européenne, un pas de danse qui remplacera la salsa.
Bref, une sorte d’Erasmus élargi pour ceux qui n’y penseraient pas ou qui ne bénéficieraient pas de certaines dynamiques, familiales ou universitaires. Une égalité de chances, à laquelle je tiens. L’Europe comme socle commun à l’ouvrier et à l’étudiant.
Qu’est ce que tu fais l’année prochaine ? Je fais l’Europe ! V’là une réponse plus tonique que : j’espère recevoir mon pré-accord pour un sous-stage de sous-apprenti sous-magasinier avec mon bac + 3.
Qu’au retour, ils auront pris des épaules nos jeunes, et ils pourront nous regarder de haut, franco-franchouillards poussiéreux que nous sommes !
Dick Annegarn
Jean Anouilh
Hannah Arendt
Yann Arthus Bertrand
Paul-Laurent Assoun
Neil Armstrong
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Daniel Balavoine
Michael Balint
Christian Barnard
Simone de Beauvoir
Jean-Paul Belmondo
Etienne de la Boétie
Alphonse Boudard
Patrick Boulnois
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Albert Camus
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Miguel de Cervantes
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Coluche
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Jean-Marie Piemme
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Marcel Rufo
Shéhérazade
Paul Smaïl
John
Steinbeck
Frédéric Taddéi
Philippe Val
Raoul Vaneigem
Antonio Vivaldi
Leonardo da Vinci
Marguerite Yourcenar
(vitrine en cours)
Socrate, en avalant la ciguë qui le mourut tout cru, donna à son compère Criton cette réplique fameuse : « Il faut donner un Coq à Asclépios », ou encore « Nous devons un Coq à Esculape ». Me voilà donc, bravement recommandé par le vieux sage, endossant sa maïeutique et son ironie paradoxale, essayant de me connaître moi-même et ne sachant qu’une chose, c’est que je ne sais rien.
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