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Requêtes d’internautes tapées sous Google pour arriver chez Dr Coq :
les gagnants.
Vouloir s’engager durablement dans le métier de médecin nécessite de travailler rapidement à l’homéostasie de sa balance libidinale professionnelle : comment ne pas se laisser gagner par l’usure et sa redoutable contagiosité, quand les mêmes patients nous rapportent inlassablement les mêmes pathologies ? Je nous propose de faire régulièrement cette pause, celle de tenter de répondre honnêtement à la seule question qui vaille d’être répétée : j’en suis où, moi, avec le plaisir ? C’est qu’on se voile trop facilement la face. Combien de fois ai-je entendu ces mots : Moi, le déplaisir, j’arrête dès que je veux … Et je te continue à me croupir dans le n’importe quoi, en enfilant les mornes journées les yeux rivés sur mon compte en banque.
L’excitation des débuts risque rapidement de s’enliser dans la routine, à qui tente de singer sans succès une médecine hospitalière de mauvaise qualité, à qui désespère de ne pas diagnostiquer de boutons à 5 pattes tous les jours. Chercher sa source d’excitation dans le diagnostic rare ou dans l’acte technique pointu est possible en Généralie, mais demande plus d’énergie qu’en médecine interne ou en chirurgie pure, par simple raison de recrutement. Il me serait prétentieux de vouloir lister tous les plaisirs potentiels de notre job (c’est d’ailleurs l’interro surprise du jour- je ramasse la copie dans dix minutes), aucun d’ailleurs n’est à sous-estimer ;
J’entends ici parler seulement de sa partie intellectuelle, qui n’est pas la moindre des choses pour des bacs + 8, élevés au jus de science. Début de carrière, fin de carrière, même combat : le plaisir intellectuel doit se déguster vertigineux.
Le généraliste a des cartes multiples à jouer pour conserver un exercice pimenté, mais praticien du chronique, il a certaines obligations de jouir dans ce créneau pour simplement survivre. S‘il ne comprend pas ce qui se trame chez son patient qui revient, s’il ne s’amuse pas de ses propres passions, s’il n’a pas la clef du renouvellement d’ordonnances, s’il n’aperçoit pas la mère dans l’enfant qui consulte, s’il ne peut surpasser ses erreurs, s’il prend au pied de la lettre tous les symptômes proposés, c’est un médecin qui se destine à l’ennui, aux pelloches et à l’halinose. Une des sources majeures de plaisir intellectuel pour le généraliste est bien de comprendre ce qui se joue dans son cabinet. Corollaire : c’est bien souvent dans la panique d’une incompréhension complète que le généraliste isolé, enchaînant sans comprendre des actes qu’il juge répétitifs, échoue chez M. Balint, la queue entre les pattes. Dommage qu’il faille souvent attendre cet inconfort pour goûter à ce plat sucré !
Soyons honnêtes. D’être encarté à la SMB n’est pas la seule clef pour comprendre les diverses interactions pendant la consultation médicale. Certains sont doués naturellement, d’autres lisent ou bénéficient à titre privé d’une analyse personnelle. Mais pour le commun des médecins mortels, acquérir par le groupe les préceptes du sieur Balint est une élégante façon de revisiter son exercice professionnel en 3D.
Cette étape est souvent le début d’une grande satisfaction professionnelle : comme apprentissage initial, elle peut être la porte d’entrée d’un immense terrain de jeux. Le technicien, si parfait qu’il était, devient à cette occasion un artisan. Terminée la gestion de la consultation en simple spécialiste, le néo-balintien est promu amateur, avec un grand Am. La différence est de taille, celle qui permet de remplacer l’application de règles par un investissement de type corps à corps, en s’intégrant soi-même dans le processus de soin.
L’usage dérivé des formations hospitalières est de pratiquer la médecine en déroulant des conduites à tenir éprouvées, aidés de constantes, d’appareillages, permettant de redorer l’orthostatisme de tout ce qui ploie. Mais le médecin généraliste qui ne pratique que selon cette technique est un soldat interchangeable, une partie mécanique du puzzle, choisissant juste la solution la moins coûteuse pour son patient, pour la société et pour lui-même. Ce petit rôle n’est pas drôle très longtemps, surtout pour qui accepte de sacrifier l’envergure du job contre un peu de confort, comme c’est le tournant actuellement : davantage de rendez-vous, davantage de médecine préventive, moins de gardes, moins d’investissement personnel. Un simple système expert ferait presque aussi bien, qui permettrait de simplement distribuer du soin. Absorber la science, la recracher au contact d’un consommateur manque très vite de l’excitation dont nous avons besoin pour vivre, à moins de rechercher la satisfaction du bon soldat, du bon élève aimant réciter ses leçons par cœur. Mais même dans ces conditions de frilosité professionnelle qui viennent, il restera toujours suffisamment de matériau à qui sait observer la consultation pour ne pas devoir subir l’ennui professionnel.
Balint ne propose rien de moins que d’appartenir au système de soin. Le médecin n’est plus spectateur, mais s’inscrit comme acteur dans l’histoire de l’autre. Le généraliste n’est pas assis au fond de la salle obscure d’un cinéma, observant son patient s’agiter sur l’écran, il est sur la même scène d’un théâtre et lui donne la réplique. Par cette place en forme de rôle, il devient irremplaçable, lui et lui seul est convoqué pour résoudre une problématique, pour comprendre un parcours.
Ce corps à corps répété, cette empoignade charnelle prolongée peut laisser parler les hormones, elle est source de passions qu’il vaut mieux savoir décrypter, pour ne pas risquer d’aller s’y perdre trop violemment. Cette « compagnie d’investissement mutuel » est une réalité facile à observer chez la plupart de nos patients fidélisés, sous la forme d’une affichette aimantée sur le frigo (pour les diabétiques !) ou punaisée sur le mur au-dessus de téléphone. Le généraliste et son numéro de téléphone font partie de la demi-douzaine de noms importants, c’est dire s’il fait partie de la distribution de la pièce, au même titre que les enfants ou que la coiffeuse. Lorsque Dr Coq est inscrit au-dessus de la spécialiste capillaire, le message m’apparaît comme incroyablement émouvant ! Il m’est difficile de ne pas me sentir investi d’une certaine mission quand j’arrive à domicile et que cette liste me fixe dans le blanc des yeux, comme pour me rappeler toute mon importance ressentie. Pour les médecins jouvenceaux, les moins aguerris aux choses de la médecine générale, sachez reconnaître au fil des ans l’incroyable pouvoir thérapeutique de votre simple nom affiché au mur, au côté d’une non moins simple petite vierge en plastique. Votre ego professionnel ne s’en portera pas plus mal.
Outre cette place d’interacteur, Balint promulgue le généraliste dans un rôle thérapeutique tout particulier, celui de médicament. Je n’ai jamais encore osé inscrire sur mon ordonnance : Dr Coq, une inhalation matin et soir en cas de crise, mais je suis persuadé d’être parfois aussi efficace qu’un bêta bloquant ou qu’un triptan dans certaines indications bien menées. Quant à remplacer le suppositoire, j’ai encore quelques résistances mais j’y travaille ! Il va de soi que le remède-médecin peut avoir autant que les molécules du marché des effets indésirables : ceux-là ne sont pas marqués dans le Vidal, et la prescription de gélules de soi-même suppose de se connaître un tantinet. Rien ne vaut alors le regard d’un tiers, tiers que peuvent être le groupe et son leader.
Le médecin-médicament, voilà bien un concept des plus excitants, des plus séduisants, pour assurer avec le sourire le service après-vente de nombreuses pathologies chroniques, celles qui sauraient si bien nous épuiser. Par simple extension, je veux voir en Balint un remède du médecin, une de ses armes anti-burn out possibles. Chaque situation banale, répétitive, capricieuse, explosive, fatigante, irritante, peut prendre une couleur particulière quand on l’observe avec les lunettes du père Balint : elle en perd alors son caractère éreintant pour devenir source de puissance, au sens tout spinoziste du terme.
La boucle est bouclée. De Balint, me voilà revenu chez Spinoza, tant les passerelles me paraissent évidentes. C’est décidé : j’ajoute l’homme de la clinique Tavistock à mes penseurs hédonistes !
Dick Annegarn
Jean Anouilh
Hannah Arendt
Yann Arthus Bertrand
Paul-Laurent Assoun
Neil Armstrong
Richard Bach
Daniel Balavoine
Michael Balint
Christian Barnard
Simone de Beauvoir
Jean-Paul Belmondo
Etienne de la Boétie
Alphonse Boudard
Patrick Boulnois
Pierre Bourdieu
Georges Brassens
Yoland Bresson
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Albert Camus
François Cavanna
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Louis-Ferdinand Céline
Miguel de Cervantes
Albert Cohen
Coluche
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Serge Gainsbourg
Jacques Gaillot
Jean-Jacques Goldman
Dexter Gordon
Icare
Philippe Jeammet
Henri Laborit
Gustave Le Bon
Jack-Alain Léger
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David Lodge
André Lorulot
Vladimir Nabokov
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Taslima Nasreen
Friedrich Nietzsche
Anaïs Nin
Claude Nougaro
Ruwen Ogien
Michel Onfray
Pandore
Giovanni Battista Pergolesi
Michel Petrucciani
Jean-Marie Piemme
Pink Floyd
Raymond Queneau
H.A. Rey
Bettina Rheims
Frère Roger
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Shéhérazade
Paul Smaïl
John
Steinbeck
Frédéric Taddéi
Philippe Val
Raoul Vaneigem
Antonio Vivaldi
Leonardo da Vinci
Marguerite Yourcenar
(vitrine en cours)
Socrate, en avalant la ciguë qui le mourut tout cru, donna à son compère Criton cette réplique fameuse : « Il faut donner un Coq à Asclépios », ou encore « Nous devons un Coq à Esculape ». Me voilà donc, bravement recommandé par le vieux sage, endossant sa maïeutique et son ironie paradoxale, essayant de me connaître moi-même et ne sachant qu’une chose, c’est que je ne sais rien.
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