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les gagnants.
Martine aussi pourrait prétendre au titre de fille délicieuse, nonobstant sa fâcheuse habitude de téter en permanence une branche de réglisse. C’est en dînant avec elle que je réalisais sur le terrain l’importance des thèses de Françoise Dolto, où je crois me souvenir de l’importance de la succion chez le nourrisson.
Ancienne fumeuse, Martine avait lâché la nicotine pour s’addicter à la mâchouille, et je crois bien qu’elle conserve sa racine de glycyrrhiza aux lèvres pour manger, dormir et même embrasser ses amants à pleine bouche. Devant le poulet qu’elle nous avait cuisiné, je pensais à mes insuffisants respiratoires à qui je tentais d’imposer la belle médecine de nos temps modernes, à savoir arrêt du tabac et inhalation de thérapeutiques réputées bénéfiques, pour eux et pour les grandes firmes pharmaceutiques.
Devant Martine qui, pensant mordre à pleine dents dans la cuisse rôtie du gallinacé sacrifié, croquait enfin sa branche qui aurait bientôt disparue -ouf- j’inventais un concept (qui existe peut être, d’ailleurs !) d’inhalation d’un principe actif sur le mode de la fumette. Pourquoi imposer à nos patients restés au stade oral un traitement par suppositoires qui serait mieux venu pour ceux-là scotchés quant à eux au stade ultérieur de leur infantile évolution ?
On entend souvent parler des vertus thérapeutiques du cannabis pour la prise en charge de la douleur de fin de vie. Encore faut-il qu’il soit estampillé médicament et donc réduit à une gélule à avaler. Pourquoi s’interdire tout plaisir dans le soin ? Sans doute parce que fumer un pétard serait médicalement incorrect chez un trépassant, et qu’il est de bonne tonalité qu’il souffre convenablement.
Je milite donc pour une dispensation des broncho-dilatateurs par voie de cigarettes, au lieu des dispositifs rébarbatifs habituels : turbuhalers, sprays, disks et autres autohalers. Je me réjouirais de prescrire une taffe de salbutamol avec le café, et je dépose ma marque : Salbutaclope®, et sa publicité : « Le salut par la clope ».
Et à l’heure des prescriptions de substituts nicotiniques ou de Zyban®, demain 1er février 2007, lorsque la loi interdisant de fumer dans les lieux publics devra être respectée, je m’interroge sur le fait de savoir si rouler son patch et le fumer sera répréhensible.
Sur ce, si je fumais, j’irais bien m’en griller une petite...
***
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Socrate, en avalant la ciguë qui le mourut tout cru, donna à son compère Criton cette réplique fameuse : « Il faut donner un Coq à Asclépios », ou encore « Nous devons un Coq à Esculape ». Me voilà donc, bravement recommandé par le vieux sage, endossant sa maïeutique et son ironie paradoxale, essayant de me connaître moi-même et ne sachant qu’une chose, c’est que je ne sais rien.
Martine
je découvre avec la passage d'une visiteuse médicale du laboratoire Pfizer le nicorette inhaleur 10 mg, de la nicotine à fumer !!
en vente dans toutes les bonnes pharamacies
Important chez l'enfant peut être, mais chez l'adulte aussi. L'adulte est calmé et rassuré par la succion, tout comme l'enfant. Ben non je fume pas mais j'ai fait une découverte, on a tous sûrement un petit truc pour se calmer et se rassurer, quand c'est pas la cigarette. Un petit quelque chose qu'on essaie de réprimer mais qu'on garde à vie quoiqu'on fasse.