Partager l'article ! 48- Théiste et médecin : faut-il être schizophrène ?: Chacun de croire un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas de tout. On ...
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Chacun de croire un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas de tout. On peut croire à la cartomancie, aux fantômes, à la réincarnation ou plus bêtement à Dieu, synthèse parfaite de toutes nos peurs, incompréhensions, fantasmes, désirs, besoins d’étayage ou pour le redire avec les mots de Freud dans "l’avenir d’une Illusion", tout petit livre déterminant et que l’Eglise avait fort logiquement mis à l’Index « … il serait fort beau qu’il y eût un Dieu, Créateur de mondes et Providence bienveillante, qu’il y eût un ordre moral du monde et une vie dans l’au-delà, mais il est néanmoins très frappant que tout cela soit exactement ce que nous ne pouvons manquer de nous souhaiter »
Un « croyant » -en Dieu j’entends- n’a pas de qualité uniforme : il peut être polythéiste ou monothéiste (théiste, déiste, fidéiste, panthéiste) voire agnostique. La crédulité a le plus souvent involué au fil des siècles tandis que la religion était démontée, au fur et à mesure des progrès de la science. La mort de Dieu décrétée par Nietzsche n’aura pas suffi, loin s’en faut, et on voit à nouveau poindre de sordides épidémies : peste verte ou fièvre pourpre, contre lesquelles le vaccin n’existera pas.
Cette évolution du degré de crédulité est aussi possible pendant la vie d’un individu, qui peut passer d’un théisme de la prime enfance à un déisme en période de latence, d’un fidéisme espéré par les parents pour l’adolescent (rappelez-vous les cérémonies rituelles du teen-ager de bonne famille qu’on déguise comme ses copains en aube blanche), puis un agnosticisme à l’âge de la rébellion avant que de passer enfin à d’autres plaisirs.
Catégorie à part, celui qui ne croit pas en Dieu et qu’on nomme athée : ce mot recouvre un bien curieux concept, puisqu’il s’agit d’une définition en négatif, se rapportant à quelque chose auquel l’individu décrit ne croit absolument pas. Je ne crois pas pour ma part à la copulation des planètes, chère à Charles Fourier, mais il n’y a pas heureusement de mot pour définir une telle posture métaphysique. Je ne partage pas non plus la politique de Théophrastre Bidoit de Ramdada, hypothétique leader d’un pays qui n’existe pas mais on me laisse tranquille avec cette opinion. Par contre, par rapport à Dieu, il faut se positionner : on en est ou en n’est pas. Dédicace spéciale à mes copains d’enfance, leur rappelant notre aumônier si proche qui nous caressait la nuque en nous demandant de sa voix suave : « Et toi, es-tu un petit sujet ? »
Rappelons quelques définitions des mouvances les plus fréquentes et les plus actuelles : le polythéiste m’était agréable, qui voyait des dieux partout. Il devient moins fréquent et c’est bien dommage, car les sociétés de cette catégorie étaient moins teigneuses que celles soumises aux régimes des monothéistes enragés.
Le théiste est le pur-sang du monothéisme, le gardien du temple. Dans la version catholique, il prie avec le pape pour que la pluie tombe, adore les interdits, tente la guérison à Lourdes, croit à la résurrection de la chair, est persuadé de retrouver sa moitié dans l'au-delà et pour l'éternité, fait accoucher des vierges, vénère un magicien capable de marcher sur la mer, boit du vin transformé en véritable sang du christ au goût de vin et toutes ces choses merveilleuses. Dans cette catégorie, je préfère le psychotique hallucinatoire chronique, qui nous offre parfois de beaux moments de jubilation onirique un tantinet moins rabâchés. Le théiste est souvent chatouilleux.
Le déiste a mis un peu de distance avec le père fouettard. Sans doute Dieu a-t-Il pu créer l’univers que l’ont connaît, mais les choses s’arrêtent à peu près là. Ce Dieu-là n’a que faire des conduites de chacun sur terre, et n’ira pas peser les âmes avec un petit sourire vicelard, avant que de balancer en enfer les créatures qu’il a créées à son image.
Le panthéiste voit Dieu partout, à la suite de Spinoza : Dieu est la nature et la nature est Dieu. Ceux-là ne font pas de mal à une mouche (quand j’écris mouche, lire Dieu).
Le fidéiste se plie à la coutume locale et ne croit que par atavisme. Selon son lieu de naissance, il sera juif ou protestant. Mouton d’entre les moutons, il peut faire le bélier si le berger lui demande gentiment, pour casser la gueule des fidéistes d’à côté.
L’agnostique, on le connaît bien, qui pullule actuellement. C’est le normand bien de chez nous, qui se refuse de décider. Ptêt ben qu’oui, ptêt ben qu’non, telle est sa devise. Il se réfère au pari de Pascal, et relève de la philosophie sceptique.
On a souvent lu que l’invention de Dieu était due à la peur ancestrale de l’homme face à la mort. Pourtant, en écoutant mes patients, je n’ai pas du tout l’idée que les plus croyants seraient les moins inquiets. S’imaginer devoir être jugé dans un arrière monde par un Dieu justicier qui aurait tout contrôlé de notre vie sur terre n’est pas très apaisant, et les épicuriens et autres matérialistes me paraissent plus sereins.
Je pose que quelles que soient ses opinions personnelles, le médecin se doit d’adopter une pratique laïque. D’aucuns mélangent parfois les termes et sont capables d’entendre athée (donc ennemi à abattre comme il est recommandé selon certains ouvrages les plus lus au monde) derrière ce mot qui n’a rien à voir avec la religion. Ce sont les mêmes qui confondent la philosophie matérialiste et l’intérêt morbide pour les choses matérielles, ou entre l’être matériel et l’avoir matériel. La laïcité est une posture politique et non métaphysique. On peut être chrétien et laïc, tout autant que médecin et adepte d’une croyance personnelle.
Etre laïc, pour un toubib, c’est pouvoir soigner de l’homme de toute origine, de toute confession, de toute croyance. C’est ne pas renoncer à examiner le corps de femmes bâchées. C’est ne pas bloquer une demande d’IVG autorisée par la loi pour des raisons métaphysiques. C’est pouvoir tolérer toutes les religions médicales : celle du culte du corps, celle de l’homéopathie ou des médecines manuelles, celle des médicaments et d’une meilleure hygiène. C’est faire le choix de soigner de la même façon le cheminot et le sarkomaniaque. C’est se faire obligation d’entendre une autre pensée que la sienne, de s’interroger sur les autres pratiques, de s’ouvrir à d’autres églises pour le bien être de son patient. C’est faire respecter les lois que l’homme s’est choisies : l’individu se complaisant dans l’inceste doit d’abord être rapidement mis hors d’état de nuire avant que d’être pris en charge au point de vue médical.
Cette nécessaire ligne de conduite laïque me paraît difficile pour le médecin théiste. Etre médecin théiste, c’est faire le choix (est-ce un choix ?) de suivre deux lièvres à la fois. Le moniste que je suis suppose que le médecin théiste a deux âmes : l’âme matérielle et disparaissant avec le corps (pituitaire ou neuronale, mais dont on pourra voir l’activité avec les nouvelles images) stimulée sur les bancs de la faculté lui permettant de suivre l’évolution de la médecine, de confirmer fermement à une fillette non pubère au ventre rebondi qu’elle n’est pas enceinte, et l’autre immatérielle, immortelle qui lui permet sans rougir de concevoir une vierge enfantant ou d’accepter les « fables pour nounous » (Feuerbach).
Nous avons vu que pour le théiste, Dieu est créateur de toute chose et il est responsable de tout ce qui se trame sur notre bonne terre. Cette conception est pour moi incompatible avec tout ce que j’ai appris pendant nos études et tout ce que j’observe dans ma pratique. Depuis 20 ans que j’exerce, j’ai diagnostiqué des maladies trop tard et les patients sont morts. D’autres fois à l’inverse, j’ai la certitude d’avoir eu le nez fin, d’avoir pratiqué la meilleure médecine et certains patients me doivent leur bonne santé.
Je ne peux m’imaginer que tout serait écrit d’avance, décidé d’en haut, et qu’il suffirait au médecin de regarder la ligne de vie dans la main du patient qui demande si sa maladie est grave pour lui dire « Ne t’inquiète pas, je te vois longue vie ». Au diabétique musulman qui me consulte pour savoir s’il va survivre au ramadan, je préfère modifier son schéma thérapeutique et lui donner des conseils alimentaires que de lui servir du « Inch Allah !». J’ai ou j’ai eu la charge médicale de curés ou bonnes sœurs : qu’on se rassure, ils ne sont pas tous ni pédophiles ni théistes. S’ils viennent me voir, c’est bien pour que je leur délivre des soins immanents et non du blabla surréaliste de religieux. Ils semblent apprécier que je fasse tout pour influer l’évolution de leur dessein. Le médecin est sur le parcours d’une vie et là se trouve la gravité de son job.
Rappelons l’étymologie de la schizophrénie ; en grec, schizo c’est « fendre, séparer », et phren c’est « esprit ». On pourrait simplement sourire du gynécologue pratiquant alternativement le théisme et la médecine universitaire, si on ne voyait pas ressurgir des courants inquiétants : des lobbies d’inspiration religieuse ou sectaire attaquent très régulièrement la raison. Pour exemple, l’affaire de l’ « Atlas de la création », dont je propose un lien à regarder avec la plus grande circonspection. Darwinisme et genèse sont difficilement compatibles, et je vous incite à lire le récent essai de Thomas Lepeltier, un historien des sciences : « Darwin hérétique, l’éternel retour du créationnisme »
Dans la vie, il faut quand même se positionner, choisir un camp. Etre de droite ou de gauche a du sens, ce que la période trouble actuelle nous confirme. Avoir une lecture matérialiste ou théologique du monde me parait inévitable. Pour moi donc, comme tout Coq intrigué par le difficile problème de l’œuf et de la poule, quand ma raison vacille, je retourne me ressourcer devant le tableau de Courbet qui nous offre une savoureuse « origine du monde ».
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John
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Frédéric Taddéi
Philippe Val
Raoul Vaneigem
Antonio Vivaldi
Leonardo da Vinci
Marguerite Yourcenar
(vitrine en cours)
Socrate, en avalant la ciguë qui le mourut tout cru, donna à son compère Criton cette réplique fameuse : « Il faut donner un Coq à Asclépios », ou encore « Nous devons un Coq à Esculape ». Me voilà donc, bravement recommandé par le vieux sage, endossant sa maïeutique et son ironie paradoxale, essayant de me connaître moi-même et ne sachant qu’une chose, c’est que je ne sais rien.
Le médecin a interet à etre ouvert à tout,c\\\'est à dire à toutes croyances et non croyances...............Il doit etre neutre.....Je crois que c\\\'est surtout cela qui prime LA NEUTRALITE ..... Pouvoir soigner un chretien,un juif ou un arabe de la meme façon,sans que la religion influe en quoi que ce soit dans sa façon de soigner......
Finalement pas mal de monde se doit d\\\'etre NEUTRE .......
UN enseignant ,un inspecteur des impots , un commerçant,
tous les métiers de la santé , et meme les coiffeurs!!!!
Merci à Magic Woman (http://tinhinen.com/ ) pour cette Orlan (http://www.orlan.net/ ) qu’honte à moi je ne connaissais pas et pour son tableau « l’origine de la guerre" qu\\\'on peut voir ici http://www.richardstemarie.net/blogue/1courbet.html
Je profite de cette réponse pour vous inciter à visiter son blog et vous livrer un petit morceau de testament : si la raison me quitte et que vous deviez m’hospitaliser d’urgence en milieu spécialisé, j’insiste pour être placé dans ses murs où la folie semble gaie et bien entretenue.
Psychose, prophètes, croyances, religions : la suite logique.
Ni Dieu, ni Diable, seulement et totalement une maladie psychiatrique.
Est inscrit sur une notice pharmaceutique dédiée: «... est utilisé pour traiter une maladie qui s’accompagne de symptômes tels que entendre, voir et sentir des choses qui n’existent pas, avoir des croyances erronées...».
D’un autre âge, ceux qui se disaient en communication avec Dieu étaient et sont encore appelés «prophètes» avec leurs paroles et écrits indiscutables. De nos jours, ceux qui entendent des voix ont pour certitude que Dieu leur parle ; ce sont nos jeunes en psychose hallucinatoire paranoïde dont le traitement relève de la psychiatrie.
Vous pouvez croire que Dieu existe et communique en toutes langues, tous patois, tous dialectes à des millions de personnes en même temps; NON, c’est votre psychose qui vous parle, de jour, avec votre vocabulaire, avec vos mots identifiés dans votre culture - d’où les diverses religions - à la manière de vos rêves et cauchemars de nuit.
La schizophrénie, est cette « maladie trompeuse » que vous l’on appris à ne pas comprendre, le fond de commerce des religions ; nos enfants ne doivent plus en être les dégâts collatéraux. Chaque année, en France, 8000 jeunes entrent dans cette maladie qu’ils ne peuvent admettre.
Maurice Champion – Père de jumeaux psychotiques.
Bienvenue sur mon site : http://monsite.orange.fr/champion20
Cette phrase mérite bien un com. même si le blog est fermé, ce qui est bien dommage car il y avait matière à discussion sûrement à couteaux tirés sur ce post :)
" il serait fort beau qu’il y eût un Dieu, Créateur de mondes et Providence bienveillante, qu’il y eût un ordre moral du monde et une vie dans l’au-delà, mais il est néanmoins très frappant que tout cela soit exactement ce que nous ne pouvons manquer de nous souhaiter »
Si l'on observe la création toute entière de l'infiniment petit à l'infiniment grand et que l'on essaie de comprendre, il y a forcément des questions qui n'obtiennent pas de réponses si on n'a pas une grande ouverture d'esprit, de ce fait il en résulte que l'humanité est depuis des millénaires dans une ignorance crasse et une impasse qui la conduira directement à sa fin si elle ne fait le revirement nécessaire.
Les écrits depuis des millénaires résultent d'obervations et d'expériences humaines à la base, modifiées forcément au cours du temps mais il n'en reste pas moins un noyau dur qu'il serait extrêmement gênant de jeter aux orties. Il y a matière à réflexion sur le sujet à condition de le connaître et d'avoir expérimenté.
L'homme à l'espoir dans un au delà à l'extérieur de lui alors qu'il est à l'intérieur de lui même. L'homme croit en un Dieu mais ne croît pas en lui, il adore une image et ne cherche pas plus loin, c'est d'ailleurs le piège de toutes les religions. Il y a t-il un ordre moral? je répondrais OUI, ainsi que des lois universelles, c'est à l'homme de les découvrir, il n'y a pas de parcours fléché malheureusement, peut être une réponse à travers la souffrance, mais c'est justement elle que l'homme veut éradiquer n'en connaîssant pas les tenants et aboutissants ce qui est bien dommage.
Si vous lisez ce com. vous allez certainement rire, mais je vous dirais ceci :
"chacun est nécessairement ignorant en dehors de son propre domaine" et
"on mesure le degré d'intelligence de quelqu'un à la somme des incertitudes qu'il est capable de supporter"
Pour finir, une petite citation :
« la première gorgée dans le calice des sciences de la nature rend athée
– mais au fond de la coupe il y a Dieu qui attend "
Pour les lecteurs de passage, 2 petits liens pour un aperçu de ce qui pourrait aider l'humanité pour un premirer pas vers une amélioration de sa condition actuelle :
CLES : Le Tchèque qui faisait mourir et renaître sous LSD - Par Patrice van Eersel
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