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prochain article à paraître samedi 12 juillet


81-
Payer la télévision à crédit.




Pour trouver ce blog, voilà ce que certains ont tapé dans un moteur de recherche :

 (retranscription rigoureuse de l'orthographe !)

 

  • J’ai coucher avec mon généraliste (moi aussi, tous les soirs !) 
  • Dresseuse (c'est pas là mais c'est pas loin !)
  • Pourquoi le clone porte il ce type de vétement
  • La tenu du médecin généraliste
  • Docteur miracle.s
  • Frite calvitie
  • Qui de l’œuf ou de la poule
  • Histoires sales
  • Médecin généraliste comment augmenter ses honoraires
  • Blame ordre médecin conséquence
  • Après la thèse du médecin il jure en disant quoi (putain, la quille !)
  • Palper les roubignoles
  • Mycose vaginale et infidélité
  • Epouse disponible (j'en parlerai à la mienne mais c'est pas gagné !)
  • Plumes perverses
  • Gardasil masturbation
  • Photo frottis vaginaux CHEZ LA FEMME
  • MA FEMME ANITA (elle est pas là, elle doit être restée chez toi !)
  • Vaccination bien-fait et mauvais
  • Amoureuse de son médecin
  • Regime passer du 42 au 38
  • Médecin toucher ma femme
  • Empapaouter
  • Est-ce qu’une vieille de plus de 65 ans peut se montrer nue ? (bah non, quand même !)
  • Cherche mariage médecin
  • Comment faire baiser les gamma gt (pour baiser la commission du permis de conduire ?)
    Faire peur à un coq
  • Retrouver sa virginité par une autre méthode que la chirurgie (la prière, y'a plus que ça !)
    FAUT-IL ETRE REGLEE POUR AVOIR GARDASIL  (nan, mais faut régler le docteur)
    Déchets humains
  • Rituel au passage d’un col (chaque fois que je pose un stérilet, je me prend une petite coupe de champagne !)
  • sottes
  • farfelue du cul
  • attirance patiente médecin
  • meilleur médecin généraliste
  • peut-on se détendre en vivant chaque jour le jour (!??)
  • medecine pour les oedum
  • l injection du vaccin gardasil fait elle male? (on ne peut pas vraiment dire ça !)
  • Médecin je ne croit pas en Dieu
  • Complication du metier medecin generaliste
  • Docteur pour le dot (un notaire ?)
  • Fluimucil non remboursé depuis quand
  • Assister à sa vie de vie
  • Les docteurs touche la chate des fille quand il sont malade (y'en a qui sont bien informés !)
  • Etat d’ame de dieu

 

 

 
Samedi 5 juillet 2008

« Vous attendez un enfant ». Votre bon docteur vous remplit le certificat ad hoc destiné à l’organisme chargé des prestations familiales, lors du  « Premier examen médical prénatal ».

 

Plusieurs fois par mois, nous devons remplir le fameux sésame où est inscrit cette phrase qui me gratte, désolé mais les mots me touchent :

 

  • Je soussigné, certifie que Madame -------- a subi le ---- l’examen médical général et obstétrical.
  • J’atteste également que les examens obligatoires prévus par la réglementation ont été prescrits.
  • Date présumée de la grossesse-----
  • Signature du médecin------

 

Elle subit, la pov’tit’ dame ? J’ai pourtant idée qu’il n’y a pas plus sympathique comme consultation. Ce n’est ni une rafle de la Gestapo ni une reconduite à la frontière, mais bien la programmation d’un suivi pour une grossesse sans problème, obligeant le généraliste à exercer son style selon les deux axes qu’il doit juxtaposer :

 

  1. Celui du généraliste « gentil » : savoir féliciter l’engrossée, se réjouir avec elle d’une aussi belle aventure, prédire un braillard d’exception après les trois coups d’essais assurément peu convaincants, s’extasier devant la discrétion des vergetures, répondre avec le sourire aux premières questions sur le congé pathologique et le congé d’allaitement à envisager d’urgence, confirmer la bonne nouvelle d’un discret geste médical tout en devisant gaiement sur le choix de la prochaine voiture nécessaire à l’hypertrophie familiale,

 

  1. Celui du généraliste efficace : deviner la date de copulation à l’aide de son calendrier perpétuel, surprendre l’avorton non viable, assister à grands coups de vitamines la fermeture du tube neural, traquer le mongolien pour en faire un ange, expliquer la subtilité entre la semaine d’aménorrhée et la semaine de grossesse, dénoncer la fumeuse de shit à l’administration adéquate, surveiller les paramètres biologiques usuels, rechercher rapidement dans le dossier médical l’existence d’une tare familiale transmissible qu’on aurait malencontreusement zappée, prescrire les bilans usuels, conseiller la cuisson du gigot chez la séronégative,

 

Et reprendre la dernière ordonnance d’Atarax, cher à Jak,  à la lumière du Vidal . Grossesse : Les études effectuées chez l'animal ont mis en évidence un effet tératogène. En clinique, l'analyse d'un nombre élevé de grossesses exposées n'a apparemment révélé aucun effet malformatif particulier de l'hydroxyzine. Toutefois, seules des études épidémiologiques permettraient de vérifier l'absence de risque. En conséquence, l'utilisation de l'hydroxyzine ne doit être envisagée au cours du premier trimestre de la grossesse que si nécessaire. En cas d'administration en fin de grossesse, tenir compte des répercussions possibles pour le nouveau-né des propriétés atropiniques et sédatives de cette molécule. Autrement dit : Demerden Sie Sich!

 

 

Subir ! Non, là je rêve !

 

Vous n’êtes pas sans vous rappeler que je suis mon propre médecin traitant. Il y a 15 jours, je me suis donc voté à l’unanimité la prescription d’une fibro gastrique, comme je l’aurais fait pour un quidam moyen me consultant pour les mêmes symptômes : faut dire que j’avais avalé mon pétard à un contrôle de police et que j’avais été un brin barbouillé. Je n’ai même pas pris d’honoraires pour cette prescription.

 

Face à la douleur physique, je suis de la race des héros. Pas un pleur, pas un grincement de dent sous la roulette du dentiste. Même lorsque petit, après une terrrrible chute de vélo qui m’avait vu me fracasser sur le bitume, j’étais rentré stoïque à la maison du haut de mes 10 ans, Môman me découvrait à demi-mort, pour le moins étonnée que je geigne sans la moindre larme. Bah nan, j’ai pas pleuré, y’avait personne pour me regarder ! Depuis, c’est décidé, je ne pleure plus que pour les filles, et c’est déjà beaucoup. 

 

C’est donc bravement que je me suis rendu chez mon confrère gastro-entérologue habituel, celui que je consulte tous les 40 ans. Crânement, même : même pas peur ! Mais là, j’ai subi. Le salaud, comment qu’il y est allé du tube, un coup dans la trachée pour rigoler, et là tu le sens mon gros endoscope et tout ça, et moi qui dégueulais par les yeux, qui chialais par les oreilles, qui toussais par tous les orifices dont la nature m’a gentiment pourvu devant l’auxiliaire si jolie que j’aurais tellement aimé jouer mon rôle habituel de héros tranquille. Alors mon brave, bravo tu baves, qu’il jubilait mon bourreaulogue, tu dis à tes patients qu’une endoscopie digestive c’est rien du tout, tu vas la goûter celle là ! Allez, une dernière tentative !  Ah ha, tu fais moins le fier ! Qu’à la fin, m’ayant définitivement mis à mal, me laissant gisant tremblant sur la paillasse, il me demandait d’une voix triomphalement modeste si je préférais le même traitement sous anesthésie générale. Vaincu, j’ai dit oui : j’avais trouvé mon maître et je me plierais désormais à ses caprices !

 

Et la semaine suivante, j’ai bénéficié d’un soin d’exception. Je vous le dis comme ça : j’adooore les anesthésies générales, tant même que si j’avais un peu plus de loisir, je m’en octroierais par plaisir ! Qu’est ce que tu fais, pendant les vacances ? J’ai trois AG prévues, et peut être une quatrième si les examens sont positifs ! 

 

Pourquoi aime-je tant les anesthésies ? Tel est le sujet de cette dissertation.

 

Je ne sais pas si c’est comme ça pour vous, mais devoir être mort un jour ne me perturbe pas outre mesure. Je m’imagine dans deux ou trois cents ans, ou dans 1000 milliards de méga siècles, disparu de chez disparu malgré les meilleurs progrès de la médecine, tout autant que vous tous mes chers lecteurs. Mais j’avoue honnêtement que devoir mourir ne m’enchante guère : même, je confesse que ce qui me stresse le plus est la crainte de plier mon pébroque avec une envie pressante de pisser. Caner connement après une cannette ! C’est mon grain, ma phobie, ça y est, je vous ai tout avoué : j’ai peur de claquer la vessie pleine, ce qui doit être fort désagréable, même si, pour me rassurer, vous me répéterez que les sphincters se relâchent après la mort. Le reste, ma foi, ne me fait ni chaud ni froid.

 

L’anesthésie générale représente pour moi un moment d’exception dans nos vies agitées, une sorte de répétition générale du néant. Vous avez sans doute tenté l’aventure, on s’endort sous la seringue comme on meurt, immédiatement. Sous les yeux bienveillants des filles de salle qui sentent bon le propre et qui m’inspirent beaucoup plus que les angelots promis dans les textes sacrés.

 

Anesthésié, on pourrait mourir, on n’en saurait rien ! J’ai même idée que la mort en salle d’opération est une sorte de mort idéale, n'en déplaise à celle qui ne partage pas ce point de vue. Pour moi, évidemment, j’y vais la vessie vide, ayant fait ma prière (nan, je déconne, là… !), rangé mes papiers, mis en ordre mon bureau, embrassé ma femme, mes petits nenfants chéris et mon chat Kenzo. C’est toujours plus sympa que de lâcher la rampe seul, douloureux, vomissant ses tripes, dans des angoisses pas possible ou dévoré par les rats.


 

L’anesthésie procure un néant qui n’a rien à voir avec la parenthèse que représente le sommeil nocturne, qu’on trouve en rêvassant, entrecoupé de songes, de pause pipi, d’agitations, de lutte acharnée contre les moustiques, de grommellements contre les ados alcoolisés qui braillent dans la rue, pour terminer avachi devant le poste qui débite en boucle son chasse et pêche, en se promettant d’arrêter défintivement le café.

 

Jamais après une nuit de sommeil me persiste comme la rassurante sensation de néant que me procurent les marchands de sable des salles d’opérations. Chaque matin usuel, j’ai des kilomètres de rêves à déplier : souvent, je m’agite avec vous, mes chéries et le réveil est décevant de votre absence. Parfois mes rêves sont parfois étrangement réels : tel celui d’un livre que j’ai beaucoup cherché par la suite, chez mon libraire habituel où je l’avais feuilleté, puis dans toutes les librairies spécialisées de Paris et sur le Net. Partout cette réponse négative : jamais vu de tel bouquin. Ce livre reste pourtant absolument gravé dans ma mémoire, j’ai encore son poids dans les mains et l’odeur du papier glacé, et je peux témoigner sur l’honneur qu’il existe véritablement, comme quoi, hein, on peut envoyer quelqu’un à l’échafaud en toute bonne conscience, certain d'avoir reconnu le criminel ! 

 

Imaginez ce bel objet philosophique : sur une double page, la mise en scène photographique d’un maître et de son esclave.  Le trip du concept est de deviner qui est le dominateur et qui est le dominé. Immédiatement, on choisit le personnage de droite ou de gauche, puis on hésite, on revient sur son choix, on change, parce que les deux font l’affaire et c’est un choix finalement impossible. Jeu que je pratique souvent dans le métro en regardant les individus : résistant ou collabo ? Minable ou exceptionnel ?  Superbe livre, trouvez-le-moi ou faites-le-moi, SVP !

 

Quand je me réveille d’une AG, je n’ai aucun souvenir, même pas celui d’une absence ou d’un noir. Aucun inconfort. Même pas une peinarde sérénité. Nulle sensation. Ça m’interroge souvent sur ces projections qu’on fait systématiquement autour de nos disparus : Le pauvre, il n’a même pas profité de sa retraite, ou il n’a pas connu son petit-fils… Il n’est pas pauvre, il est mort. Il ne peut rien regretter mais nous transférons bien sur l’absent tous nos fantasmes de vivants. Certains peuvent rester culpabilisés toute une vie parce qu’un mort est mort dans telle ou telle condition. Ça ne vaut pas le coup, je vous le répète, le mort est mort. La mort n’est préoccupante que pour ceux qui restent.

 

Je milite pour la reprise des incidents d’anesthésie qui ont l’inconvénient de disparaître par aggravation des progrès mais surtout pour de simples raisons de statistiques. Les chirurgiens n’osent même plus tousser avec la lame du bistouri pointée sur l’aorte d’un malheureux irrécupérable. La meilleure clinique, sache-le, est celle où l’on ne meurt pas sous l’aiguille de l’anesthésiste. La meilleure clinique est celle qui sait ouvrir un bide rempli de métas, qui ne peut rien faire vu l’étendue des dégâts, et qui referme soigneusement la bidoche avant de réveiller le mecton, qu’il puisse mourir de ses plus belles souffrances dans la semaine et si possible ailleurs.

 

A l’hôpital pourtant, tout est prévu pour gérer tranquillement un frais cadavre : les brancardiers déplacent les corps avec le sourire, le meilleur psychologue appelle la néo-veuve, la chambre froide est spacieuse. Je fais la promesse ici de ne pas poursuivre en justice celui qui m’enverra au trépas sur une table d’opération, pour peu que je sois un peu vérolé ! 

 

La mort, pour celui qu’est mort, voilà une bonne chose de faite. Etre mort, c’est être débarrassé du truc le plus inconfortable à passer, du devoir mourir.

 

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